L’histoire du baron Samuel von Brukenthal est à elle seule une aventure sans pareille. Originaire de Transylvanie, il représente sa région auprès du siège de l’Empire à Vienne et, remarqué par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche dont il devient le favori, il est nommé gouverneur puis chancelier et reçoit de nombreux cadeaux de cette dernière. Parmi eux, des tableaux, et plus particulièrement des œuvres de l’école flamande, très appréciée par les Autrichiens. Peu à peu, Samuel von Brukenthal devient un collectionneur digne de ce nom, rassemblant une bibliothèque de livres rares de 16 000 volumes, d’un nombre conséquent de gravures et surtout de plus de 1 200 tableaux, dont près de la moitié de l’école flamande. En 1773, les amateurs d’art viennois considèrent sa collection comme l’une des plus importantes, après celle de l’Impératrice.
En 1777, il ramène cette collection à Hermannstadt, l’actuelle Sibiu, où une forte minorité flamande installée depuis le XIIème siècle, la reçoit avec éclat. Brukenthal décide la construction d’un bâtiment particulier pour l’accueillir, puis la lègue à l’Eglise évangéliste avec charge pour elle d’ouvrir le palais au grand public afin d’en faire le premier musée d’Europe centrale en 1817. En parallèle, au début du XIXème siècle, des érudits comme Otto von Frimmel et Michael Csaki rédigent un premier catalogue, soulignant la très haute qualité de l’ensemble. La position excentrée de Sibiu, et l’histoire particulièrement mouvementée de cette région de Roumanie, en particulier au XXème siècle n’a pas contribué à maintenir cette collection au niveau qui était le sien. Les quelques œuvres datant du XVème siècle, Van Eyck, Memling et leurs émules, celles du siècle suivant rassemblées autour de la dynastie des Brueghel, enfin les artistes de l’école de Rubens pour le XVIIème siècle, forment une suite continue de valeur universelle.

Portrait en buste de Samuel von Brukenthal
ANONYME
Huile sur toile,
93x71 cm
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