La seconde partie de l’exposition est consacrée à l’école florentine. Elle présente des oeuvres d’une très grande qualité, même si elle n’est peut-être pas aussi riche que la précédente.
Bernardo Daddi en est le premier représentant, avec un groupe exceptionnel de trois oeuvres, un Couronnement de la vierge, une Crucifixion et surtout un tryptyque portatif dont le panneau central montre une Vierge à l’enfant sur un trône entourée d’anges et de saints. Ensemble, elles forment un résumé du grand atelier florentin, travaillant dans la suite de Giotto, avant que le passage de la grande peste ne décime ces artistes.
La seconde moitié du siècle est illustrée par des peintres comme Nardo di Cione et surtout Agnolo Gaddi, marquant une nette inflexion du goût et du style vers la sensibilité gothique. La Cène de ce dernier (vers 1395) résume cette multiplicité d’influences, le sens de l’espace mais également le goût pour le détail narratif et l’élégance descriptive.
Le passage du nouveau siècle marque l’apothéose de ce courant avec son plus éminent représentant : Dom Lorenzo Monaco. Cet artiste exprime à son plus haut degré les raffinements de ce « gothique international ». Sa Fuite en Egypte (vers 1405-1410), dans un cadre quadrilobé et non rectangulaire, s’inspire du modèle de Ghiberti au baptistère de Florence tandis que son coloris délicatement outrepassé résume le caractère de cet idéal courtois, bien loin du réalisme de l’école flamande.
La place si particulière du peintre dominicain Fra Angelico trouve dans la collection d’Altenbourg une résonance particulière puisqu’il est représenté par un ensemble de quatre panneaux démembrés, issus de deux grands polyptyques différents, celui du retable de la confrérie de Saint-François dans l’église Santa Croce (vers 1429) et celui de l’ancien autel principal de la basilique San Marco, daté autour de 1437-1440. Ces deux ensembles feront l’objet de reconstitutions partielles. L’oeuvre de Fra Angelico, proche à ses débuts de Lorenzo Monaco, intègre peu à peu les apports novateurs d’un Alberti et s’il ne propose pas une vision rude et sculpturale de la réalité à l’image d’un Masaccio, ne perd rien de sa vision poétique en adaptant les règles nouvelles de la perception spatiale.
A ses côtés, Fra Filippo Lippi, élève et continuateur du précédent, est présent avec un Saint Jérôme en prière (vers 1435) qui a appartenu aux collections du grand duc Cosme de Médicis.
Découvrir l'école siennoise
La cène
Agnolo Gaddi
Tempera sur panneau de bois, vers 1395
Musée Lindenau, Altenbourg
© Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
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